Pêche de la truite : tresse ou nylon ?

by romain / fév 19, 2018 / 0 comments

L’ouverture de la truite approchant à grands pas, il est peut-être temps pour vous de changer le contenu de votre moulinet ! Alors, tresse ou nylon pour traquer la truite aux leurres ? Nous allons tenter de répondre à cette question avec beaucoup d’objectivité dans cet article

Tresse ou nylon, comment choisir ?

Tout d’abord, intéressons-nous aux caractéristiques qui différencient concrètement la tresse du nylon. La différence fondamentale provient de l’élasticité des matériaux. Lorsque la tresse affiche généralement une élasticité inférieure à 20%, le nylon affiche quant à lui une élasticité supérieure à 40%. Ces chiffres reposent sur des tests sur machines effectués dans le laboratoire du site www.fishandtest.com.

Voici quelques exemples de mesures relevées (les diamètres sont ceux mesurés sur machine également) :

  • Tresse Power pro 4 brins 0.12mm : élasticité de 10.8%
  • Tresse Caperlan Braid 8 brins 0.12mm : élasticité de 13%
  • Tresse Powerline Power Shot 0.17mm : élasticité de 12%
  • Tresse Sufix Nanobraid 0.11mm : élasticité de 17%
  • Nylon Shimano Beastmaster 0.32mm : élasticité de 55.2%

Mais alors quelles sont les conséquences de ces différents taux d’élasticité en action de pêche ?

Et bien elles sont nombreuses.  Premièrement : le ressenti incomparable ! Ainsi, l’élasticité réduite de la tresse offre une transmission des informations rapide et irréprochable !  Le fond, un poisson, une algue, bref, tout est retransmis dans votre scion avec précision ce qui apporte un confort de pêche indéniable : vous savez ce qu’il se passe au fond et cela n’a pas de prix ! Mais cette performance a un coût, celui de ne pas tolérer les erreurs du pêcheur. En effet, là où l’élasticité d’un nylon absorbera un rush puissant de poisson ou un ferrage trop puissant, la tresse ne pardonnera que très rarement ce genre de mésaventures, casse assurée.

Deuxièmement, toujours en lien avec l’élasticité des matériaux, les truites qui se décrochent apparaissent plus nombreuses avec l’utilisation d’une tresse, les coups de tête à répétition de nos partenaires de jeu n’étant pas amortis par le peu de l’élasticité de la tresse. A contrario, le nylon a tendance à limiter ce genre de déception grâce à sa capacité à faire « ressort » entre le poisson et le pêcheur.

Troisièmement : la finesse ! A diamètre équivalent, la tresse offre une résistante linéaire deux à trois fois supérieure à celle du nylon. La conséquence directe concerne vos distances de lancer qui s’avèreront fulgurantes avec la tresse puisque vous aurez l’opportunité d’employer des diamètres extrêmement fins (généralement de 0.06mm à 0. 12mm pour la truite). En revanche, la seconde conséquence ne doit pas être prise à la légère puisque qu’elle représente un danger de casse, il s’agit de la résistance à l’abrasion des matériaux. Ainsi, une tresse de 0.08mm offrira une résistance à l’abrasion bien plus faible qu’un nylon de 0.18mm. Il faudra donc faire attention à ne pas provoquer de frottements entre la tresse et des obstacles mais surtout, il sera indispensable d’ajouter un bas de ligne de 1 à 3 mètres en flurocarbone voire en nylon pour protéger la tresse des obstacles, offrir une élasticité supplémentaire afin d’encaisser les coups de têtes et apporter de la discrétion avec un matériau translucide.

Quatrièmement, le vrillage ! Le nylon a tendance à vriller bien plus rapidement que la tresse et de manière irrémédiable. Evidemment, cette donnée dépend de la qualité des matériaux employés, mais généralement, nous constatons une détérioration du vrillage bien plus rapide sur le nylon que sur la tresse. Pour limiter ce phénomène, pensez aux émérillons… Notamment si vous pêchez avec des cuillers (ou cuillères).

Enfin, parlons du tarif ! Une tresse est bien plus coûteuse qu’un nylon, jusqu’à 20 fois pour les plus grands écarts de prix rapportés au mètre. Généralement, remplir la bobine d’un moulinet truite vous coûtera plus de 20 euros avec de la tresse et moins de 10 euros avec du nylon. En revanche, quand le nylon nécessite un renouvellement chaque année à cause de sa fragilité aux UV, la tresse offre une longévité supérieure, comptez 2 à 3 ans si vous prenez soin de changer le sens de votre tresse sur la bobine (vous videz la tresse puis remplissez à nouveau le moulinet en commençant cette fois par le côté le plus usé pour ne conserver que le neuf sur la partie supérieure).

Finalement, nylon ou tresse ? Et bien il n’existe pas de bonne ou mauvaise réponse, il s’agit avant tout du plaisir du pêcheur, certains favorisent la tresse, d’autres le nylon. Dernier point à prendre en considération, l’action de votre canne ! Une canne souple aura tendance à amortir les coups de têtes de manière satisfaisante, une action rigide de pointe aura au contraire tendance à nécessiter un corps de ligne plus élastique… A vous de trouver le bon compris, celui qui vous apporte confort, plaisir et performance !